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Sports et société
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I/ Jean Durry, recension du livre Les sports dans le devenir des sociétés. Médiations et médias, dans Bulletin Critique du Livre en Français (BCLF) n° 78, 02.2006.

Jean Durry, grand spécialiste du Sport, recension de « J. Demorgon, Les sports dans le devenir des sociétés, Médiations et media, dans le Bulletin critique du Livre en Français (BCLF) n° 678, Paris, février 2006, p.41-42.
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Jacques Demorgon : Les sports dans le devenir des sociétés. Médiations et média

Parmi la masse des actualités éphémères et des analyses redondantes, il est précieux que certains se sentent et se montrent capables de dégager des lignes fortes, érigeant tout d’un coup un signal lumineux et dotant les lecteurs de nouvelles clés. Car l’audace et le courage de ceux-là balisent le chemin, éclairent la route, susceptibles qu’ils sont de faire avancer la réflexion et les débats à partir des hypothèses qu’ils auront formulées.
C’est le cas de cette construction sur Les Sports dans le devenir des sociétés proposée par Jacques Demorgon. Le lecteur passera donc sur diverses inexactitudes, dues peut-être à une documentation un peu rapidement assemblée et exploitée ; ou sur le recours fréquent à la citation de textes pris comme référence et support alors qu’ils auraient eux-mêmes mérité discussion.
En revanche, on se concentrera sur l’apport intellectuel de la démonstration menée à grande allure. Familier de « l’histoire interculturelle des sociétés » et de la médiatisation mondialisée, l’auteur procède en trois étapes. Vient d’abord l’approche par « l’histoire longue » étayant que le sport a pris une position forte et de « liant » lors de trois moments de fracture sociale : lorsque la Grèce passe des communautés tribales aux micro-sociétés royales, lesquelles n’excluront pas la démocratie aristocratique des cités ; celui où l’Angleterre est passée de la société royale, assortie d’un Parlement, à la prédominance des marchands ; enfin, récemment, lorsque des sociétés nationales on évolue, rapidement, vers des sociétés d’économie informationnelles et globalisées. Puis, entrent en jeu les systèmes, plus ou moins dominants selon les périodes – religieux, politiques, économiques et informationnels donc – avec mise en évidence de la polyvalence interculturelle des sports en éloignant les « thèses extrêmes (les) magnifiant ou les diabolisant ». Enfin, la confrontation entre « l’esprit des lois », les institutions et « l’esprit des sports » situe bien ces derniers « au cœur de l’interaction entre pensée identitaire (clubs, équipes, disciplines, vainqueurs) et pensée antagoniste. (…) Il ne s’agit (….) de rien de moins que de figurer, de façon décalée, la possibilité des humains de vivre ensemble avec leurs contradictions ».
L’ultime phrase du livre ouvre de vastes champs de pensée et dit l’intérêt de cette prospective ambitieuse : « l’extension et la densité du déploiement des sports, en ce début du XXIe siècle, devraient être interrogées, dans le contexte d’une possible parade à la guerre des mondes que certains trouvent déjà commencée et d’autres encore promise. »


II/ Pierre-Alban Delannoy, recension du livre Les sports dans le devenir des sociétés. Médiations et médias, dans Cahiers du Circav, 12. 2005, Lille 3-L’Harmattan.

Pierre Alban Delannoy, Les sports dans le devenir des sociétés, Médiations et media, L’Harmattan, 2005, 268 pages», in Anne Goliot-Lété, Le film architecte, Cahiers du Circav, n° 17 - décembre 2005, Université de Lille 3, L’harmattan, p. 226-227.

« Jacques Demorgon, Les sports dans le devenir des sociétés. Médiations et média

Quels rôles peuvent avoir les sports dans l’évolution des sociétés ? Telle est la question à laquelle cherche à répondre cet ouvrage. Il ne s’agit pas de montrer « comment les sociétés expliquent les sports et encore moins l’inverse », mais de quelle manière les unes et les autres arrivent parfois à « s’engendrer ensemble, déterminant des moments exceptionnels dans l’histoire humaine ».
Dans une approche à la fois historique et systémique, Jacques Demorgon s’appuie sur l’idée que se sont succédées au cours de l’histoire quatre grandes formes sociétales : la société tribale ou communauté, la société royale-impériale, la nation marchande et, aujourd’hui, la société « d’économie informationnelle mondiale ». Par ailleurs, chaque forme sociétale est le produit de quatre grands secteurs d’activités : religieux, politique, économique et informationnel.
Jacques Demorgon montre que les sports apparaissent dans l’histoire à des moments cruciaux caractérisés par des situations de violence guerrière qui manifestent des fractures entre deux formes sociétales. L’auteur identifie trois moments historiques exceptionnels pendant lesquels les activités sportives assurent un rôle de médiation.
Dans l’Antiquité, les Grecs ont inventé les jeux sportifs sur la ligne de transition entre tribus et royaumes.
Les Anglais ont créé les sports au moment où l’on passe en Europe des royaumes aux nations.
Aujourd’hui, le sport, sous la forme médiatique (que l’auteur appelle « sporTVsation »), apparaît au cœur d’une autre transformation sociétale : le passage des nations aux sociétés d’économie globalisée.
Au cours du XXème siècle déchiré par deux guerres mondiales et la guerre froide, une nouvelle grande ligne de fracture est apparue entre les pays de forme nationale et ceux qui sont déjà orientés dans la perspective de l’économie informationnelle mondialisée. Sur cette fracture, les sports ont proliféré « comme une sorte d’alternative impossible. »
Tandis que le politique cherche à se construire à l’échelle continentale et planétaire (UE, ONU, OMC…), les sports occupent une place de « liant multiréférentiel » entre le local, le national et le mondial. Cette prolifération des sports s’est appuyée sur l’alliance de l’information et de l’économie mondialisée, grâce à la télévision.
On le voit, cet ouvrage est bien plus qu’une étude sur la place des activités sportives dans la société : en interrogeant l’histoire sur le long terme, son auteur examine la manière dont s’opèrent les transformations des sociétés et comment s’inventent des nouvelles formes de culture comme celles du sport. Il permet de porter sur notre présent un regard extrêmement roboratif et régénérant.


III/ Jean-François Diana, recension du livre Les sports dans le devenir des sociétés. Médiations et médias, dans Médiamorphoses, 15, Paris, 2007, et dans Questions de communication n° 8, Nancy, 2007.

Jacques Demorgon, Les sports dans le devenir des sociétés.Médiations et média.
Connu pour des travaux menés dans le champ de l’interculturalité, Jacques Demorgon s’intéresse, ici, à l’évolution d’une relation triangulaire entre le sport, la société et la culture. L’ouvrage explore trois temps forts : grec, britannique et occidental. Les activités humaines dans « l’histoire longue » (p. 11) sont structurées en quatre grands secteurs : religieux, politique, économique, informationnel. L’objectif de cette étude est d’observer les relations profondes entre activités sportives et changements de forme de société ; et de s’interroger, à juste titre, sur la difficulté du champ sportif à s’émanciper de ses fondations militaire, politique, religieuse, et informationnelle.
Ainsi, le symptôme de la société moderne serait-il de produire, dans un même mouvement, du sport et de la culture, au cœur de la nation industrielle marchande compétitive, fondée sur l’économie, l’information, l’initiative individuelle, le changement et le progrès technoscientifique (p. 44). Posé de cette façon, le projet souligne l’ampleur d’une tâche considérable qui s’appuie principalement sur les propres travaux de l’auteur mais tient compte aussi d’autres plus datés issus d’une histoire ou d’une sociologie du sport crispées sur l’opposition entre « la violence privée et le contrôle social […] la violence destructrice et la violence créatrice » (p. 13). Il n’y a peut-être pas assez de références récentes sur la médiatisation du sport pour éclairer le dernier chapitre traitant des rapports polémiques entre les institutions, le sport et les médias. Un des intérêts majeurs de l’ouvrage est de s’appliquer à restituer la complexité du contexte historique et de ses mutations principales : grecque ou antique, anglaise ou moderne, occidentale ou post-moderne et mondialiste.
Jacques Demorgon rappelle que la fonction des Jeux Olympiques est d’institutionnaliser le sport en règles communes, et par-là même, d’organiser la société, d’inventer le politique. « L’exceptionnalité grecque tient à l’invention d’une démocratie aristocratique » où le sport a un rôle central : équilibre de la société intérieure, identification et culte du héros, affichage de la puissance pour l’extérieur. De ce point de vue, au lieu d’éloigner des guerres incessantes, les jeux les préparent ou les remplacent dans toute leur symbolique. Dès lors, le sport va participer à la transformation des rapports de confrontation entre les individus. L’âgon – le conflit, comme seule solution au désordre social – perdure, mais change de forme avec le temps. Le sport le théâtralise et l’esthétise, se fondant sur le principe que la tragédie fait se confronter le politique, le religieux et l’informationnel autour de la figure d’un héros dont les qualités principales ne se limiteront plus uniquement à sa force et à sa volonté, mais de façon plus collective, à la discipline et à la maîtrise de soi (sôphrosunè). La victoire des Romains sur les Grecs, en - 146, va mettre fin aux jeux tels qu’ils ont été créés à l’origine. Passer de la métaphore de la fureur guerrière au spectacle va générer tricherie, corruption et violence, dont le point d’orgue sera l’avènement des jeux du cirque romains, premier signe de la décadence d’une civilisation. En 394, Théodose 1er supprime des jeux grecs parce qu’il les assimile à des « pratiques païennes » (p.43), à l’exemple du théâtre, du cirque et de tout ce qui est d’essence libidinale. La religion chrétienne d’État attribue à l’âgon le sens d’une lutte contre un corps prisonnier des tentations extérieures et rejette les pures distractions. Désormais, les manifestations sont calquées sur le calendrier des rituels chrétiens auxquels s’ajoute l’ordalie. Malgré l’ire de la morale chrétienne qui a accompagné les siècles, un exercice sportif limité (boules, jeu de paume, soule) a perduré sous certaines formes réglementaires strictes et a permis de contrôler les communautés rivales. Seules les activités d’inspiration militaire et équestre échappaient au contrôle de l’Église.

Avec le XIXe siècle naît une nouvelle société européenne qui favorise la renaissance des sports et une émancipation relative vis-à-vis de l’Église catholique. Le contrôle royal s’adapte aux volontés d’autonomie des acteurs politiques (la Réforme en Allemagne), et dans une moindre mesure aux volontés d’autonomie des acteurs économiques (le schisme du protestantisme valorise l’attitude individuelle de soumission à la loi de Dieu). Ce bouleversement va profiter à l’économie, porteuse de progrès techniques, industriels et informationnels au détriment du religieux et du politique. Si l’économie est d’abord marchande, elle propage démocratiquement les arts, la philosophie et les jeux. Citons notamment l’imprimerie et les médias, symboles de ce que l’auteur nomme, « le réenchantement économique » (p. 52). L’Angleterre aristocratique et bourgeoise, nouvelle puissance financière, s’est ainsi imposée au pouvoir royal constituant ainsi la première nation industrielle marchande, « moderne et démocratique » (p. 53), fondée sur l’esprit de compétition.
De nouvelles valeurs telles que la prise d’initiative, la liberté individuelle, la réussite en tous domaines, la conquête, le risque, la persévérance, la supériorité, échafaudent l’invention et la codification des compétitions sportives : le Derby d’Epsom (1770), les régates d’Oxford et de Cambridge (1820), et d’autres disciplines (football) qui se sont rapidement répandues vers d’autres pays.
Le retard de la France est principalement dû à l’hostilité de l’Église catholique pour le sport et son rejet de la distinction aristocratique individualiste. L’auteur rappelle que la spécificité française est d’intégrer collectivement la société avec le Tour de France et, plus encore, le monde universel : en 1894, c’est à la Sorbonne que se déroule le congrès historique pour le rétablissement des jeux Olympiques modernes.
Bien avant l’essor de l’internet, la mondialisation vient du partage inégalitaire de l’économique et de l’informationnel. L’expansion du sport est perçue par l’auteur comme un ensemble de « crases » à travers lesquelles il entre en interdépendance profonde avec les autres activités (politique, économique, informationnel, religieux) en leur apportant son impact. La « crase de l’économie et de l’information sportives mondialisées » entraîne « une information vive, abondante, diversement diffusée et renouvelée » (p. 71). Recyclée sous diverses formes, cette information sportive s’offre à tous les supports médiatiques et à la consommation des citoyens.
Au tournant des années 80, la télévision a non seulement su célébrer les compétitions mais se rendre indispensable à leur existence. L’auteur précise que la force télévisuelle vient moins des contenus véhiculés que des formes mises en œuvre pour atteindre la planète entière : diversité des publics, ubiquité, « direct » et couverture planétaire.
Cependant, nous ne suivrons peut-être pas Jacques Demorgon lorsqu’il se saisit rapidement de la question du genre médiatique sportif qu’il assimile à la rencontre de l’événementiel, de la fiction et de la télé-réalité…
Jean-François Diana - CREM, Université Paul-Verlaine Metz - diana@univ-metz.fr


IX/ Jean Moreau, recension du livre Les sports dans le devenir des sociétés. Médiations et médias, dans Le Délégué de l’Education Nationale, Paris, 2007.

En attente


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