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6/ L’interculturel génétique et ses antagonismes destructeurs et créateurs

6/ L’interculturel génétique et ses antagonismes destructeurs et créateurs.
Pour parvenir à réunir à propos de l’interculturel de nouveaux moyens cognitifs, éthiques, politiques et pragmatiques, il faut commencer par laisser au terme son ouverture fort grande non pour en faire un mot attrape-tout mais un concept rigoureux dans sa simplicité. Il concerne tout ce qui relève d’une « intérité » culturelle. Déjà nous manque le terme « intérité » proposé par Louis Couturat, en 1905, évoqué par Stanislas Breton (1986), peu après utilisé par nous et souvent développé ensuite (Demorgon, 2005, 2010). L’opposition classique « identité / altérité » est insatisfaisante. Elle est tautologique si l’altérité n’est qu’une autre identité. Elle conduit à l’incommunicable si l’altérité est radicale. L’« intérité » est indispensable et fondamentale car elle est déjà là avant. Du point de vue biologique, l’individu est le fruit d’une « intérité » sexuelle et d’une « intérité » génétique antérieure encore. Ensuite, l’« intérité » stratégique relie les actions des hommes dans le monde et entre eux. Les conduites sélectionnées, conservées, reprises, transmises, modifiées forment cultures et participent aux stratégies.
L’inter stratégique et l’inter culturel humains sont ainsi la matrice de l’histoire.
Poser l’« intérité » culturelle comme objet conceptuel oblige à sortir des domaines que privilégie l’actualité dans laquelle l’interculturel est lesté de préconceptions comme celles qui le dotent d’objectifs positifs et de bonnes intentions pour les atteindre. Le terme « interculturel » n’a pas lieu d’endosser au passage une morale. Cette supercherie idéaliste propre à l’idéologie contemporaine fait barrage à l’émergence du strict concept d’« interculturel ». Le concept d’interculturel au sens strict de conduites culturelles entre elles ne préjuge pas des orientations qu’elles prennent : pacifiques ou violentes.
Evoquons par exemple, des siècles et des siècles de rencontres stratégiques et culturelles entre sédentaires et nomades autour de l’empire romain ou de l’empire chinois. Une telle intérité millénaire fut à la fois destructrice et créatrice. Elle a laissé jusqu’à nos jours des traces dans l’art de la guerre : guerre éclair, guérillas. Elle a laissé des traces matérielles dont les fortifications gigantesques, durables et visibles du Limès romain et surtout de la Grande Muraille de Chine.
Cet interculturel factuel met en pleine lumière que stratégies et cultures ne sont pas séparables. L’histoire humaine résulte à la fois d’affrontements et d’arrangements entre les vainqueurs, les vaincus et leurs descendants. Ainsi, l’étude terminologique stricte conduit à poser un « interculturel génétique, géostratégique et historique ». Dès lors, de nouvelles études vont naître et se développer constituant pour les acteurs humains une toute nouvelle « information monde » (2002, 2010a, b) transdisciplinaire.

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Jacques Demorgon, écrivain - mentions légales - réal. o multimedia