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1/. Une télévision mondialisée

1/. Une télévision mondialisée
Nous continuons, après la sagesse macluhanienne à faire comme si la télévision était une question de contenus alors qu’elle est d’abord une question de formes. Quatre formes fondamentales y sont à l’oeuvre. Même si, comme nous allons le voir, elles n’atteignent qu’une partie des objectifs mondiaux, elles ont vocation à y parvenir. Leur fonctionnement actuel est largement suffisant pour permettre le développement d’une pratique et d’une idéologie du planétaire médiatique.

1. La globalisation des moyens d’expression fait de la télévision une forme adaptée à la plus grande diversité de publics. Le multimédia qui caractérise la télévision y fait le meilleur lien formel possible entre réalité et représentation. Tous les signes sont employés: image, indice et symbole. Le corps, la voix, la pensée, les actions et les gestes sont présents avec les espaces et les objets. Tout est là près de nous, devant nous avec une profusion de sens. La télévision est le miroir microcosmique du macrocosme humain.

2. L’ubiquité télévisuelle peut nous faire accéder au sentiment que tous les lieux de la planète sont reliés à nous.

3. Et le direct, que ces lieux le sont, instantanément, dans un même temps mondial.

4. La couverture planétaire étendue de certaines grandes retransmissions en direct peut entraîner le sentiment que les hommes de presque tous les pays se trouvent ensemble à un même spectacle. Comme le précise en note Gérard Derèze: “La FIFA n’organisait en 1974 que la Coupe du monde et le tournoi de football des Jeux olympiques.
Aujourd’hui, une douzaine de compétition sont placées sous son autorité et un championnat du monde des clubs sera probablement mis sur pied en 1999”(3).
Même si dans d’autres sports, les pratiques sont plus modestes, il n’en demeure pas moins que pour nombre de spectacles sportifs, le téléspectateur voyage à travers la planète. Qu’il s’agisse des hauts lieux de tennis ou de ceux de la Formule 1 ! Pour ce dernier sport, par exemple, le téléspectateur ne va pas seulement dans divers pays d’Europe, il va au Brésil, au Canada et, bientôt, à Indianapolis aux États-Unis. Tantôt, la retransmission insiste sur l’intérêt du lieu lui-même mais plus souvent semble-t-il, maintenant, les cérémonies télévisées sont “remodelées de façon à se passer de toute inscription géographique”(4).

La télévision nous donne ainsi un excellent exemple de l’informationnel mondial comme caractéristique fondamentale de nos nouvelles sociétés. Dans notre description, il s’agit bien en effet d’information mondiale sous quatre aspects: la télévision vise tous les publics; ses sources d’information, ses cibles de diffusion sont sur la planète entière; elle peut les relier dans un même temps mondial; elle peut même atteindre un public quasi mondial par delà les frontières réelles et symboliques.
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Dans ces remarques générales concernant la télévision, nous avons provisoirement écarté la question des contenus. Et c’est là que la question du sport va prendre toute sa signification. Pour bien le comprendre, interrogeons-nous sur les contenus informationnels de la télévision. Deux principaux nous apparaissent.

D’abord, l’information événementielle qui concerne la poursuite de l’histoire humaine sous ses formes ordonnées ou désordonnées, heureuses ou tragiques. Cette information est écartelée entre les actualités et leurs analyses.
Dans ces deux directions, elle peut lasser, soit par trop de faits dépourvus de sens, soit par trop de sens impuissant devant les faits.

Ensuite, deuxième contenu informationnel de la télévision: les fictions. Elles échappent aux particularités des actualités immédiates comme aux généralités conceptuelles. Elles introduisent un modèle de référence où c’est la singularité des vies et des destins qui s’impose. Elles sont, en tout cas symboliquement, proches du téléspectateur et peuvent lui offrir des bases d’identification élémentaires ou raffinées, mimétiques ou cathartiques, toujours accessibles.

Ces deux formes d’information, actualités événementielles et fictions, sont opposées et complémentaires.
Dans la première, il y a une visée objective des faits même si ceux-ci sont aussi déjà constitués par des subjectivités individuelles et collectives. Dans la seconde, ces subjectivités sont de légitimes lois de constitution de l’information symbolique par exemple romanesque.
Mais enfin, au-delà de ces deux grandes formes, une troisième est constamment présente, elle concerne les événements sportifs

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Jacques Demorgon, écrivain - mentions légales - réal. o multimedia